Bim !, Om̐

Science sans conscience

8 mars 2015
mimosabuddhanice

Pour se ressourcer et rester à l’écoute de soi, rien de tel qu’une promenade sous les mimosas.

J’ai grandi entre la mer et la montagne, dans les collines des Alpes Maritimes. J’ai la chance d’y retourner régulièrement pour voir ma famille.

A cette période de l’année, je vais me promener sous les mimosas en fleur. Je cueille souvent des bouquets que je dépose sur ma table de chevet pour me réveiller avec le parfum des fleurs. Avec ce changement de lieu et de rythme, je relâche complètement la pression et la rigueur que je m’impose au quotidien.

Au point de me questionner sur la pertinence de tout ça.

A force d’entrainement, je progresse et je sens que les regards ne sont plus tout à fait les même. Je m’entraine plus souvent avec les compétiteurs. Je sens qu’ils sont très prévenants avec moi, mais d’une certaine manière je suis placée avec les boxeurs « sérieux ». On exige plus de moi et j’en suis flattée même si c’est parfois difficile de suivre.

Il y a un aspect déplaisant que je découvre dans le processus. J’appelle ça le « scientisme ». Je considère de plus en plus mon corps comme un outil qu’il faut entretenir, affuter. Je respecte les instructions de mes entraineurs, je suis assez disciplinée et je les écoute avec confiance.

Mais parfois je sens que c’est à moi de prendre conscience de mes besoins et de mes limites. Le ressenti et l’écoute de son corps ne fait pas vraiment parti des valeurs de la boxe. La performance est plus au cœur des préoccupations. Les discours scientifiques sur la préparation physique font références.mimosa600

A coté de mon entrainement, j’aime courir pour me détendre. Je cours pour le plaisir, pas pour améliorer mes performances. Au combat, on recherche la rapidité, la puissance, l’explosivité. En théorie on me dit qu’il faut pratiquer des exercices qui constituent des fibres musculaires dites « rapides », alors que les sports répétitifs d’endurance fabriquent de la fibre dites « lente ». Alors pour courir, certains de mes entraineurs préfèreraient que je pratique uniquement du fractionné. Pour « ne pas gâcher tout notre travail ».

Le fractionné ça ne me fais pas vraiment rêver…

Pour une fois j’ai décidé de ne pas écouter, j’ai trop besoin de cette parenthèse.

Je ne peux pas m’empêcher d’être gênée par cette vision du corps. C’est peut être la pratique du yoga qui me donne une approche moins « scientiste », moins mécanique.

Je reste persuadée qu’écouter son corps reste la meilleur façon de progresser en se préservant des blessures. ça ne nous empêche pas de repousser nos limites, ça nous permet au contraire de mieux les cerner et travailler en pleine connaissance.

Il faut probablement tirer le meilleur parti de ces deux approches et voir ce qui marche le mieux pour soi.

En attendant, lorsque je retourne dans ma famille,  je cours au bord de la mer, ou sur les chemins de montagnes. Dans ces moments là je sais à quel point ça m’est bénéfique, peu importe le reste.

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